Types de jeux éducatifs

Jeux coopératifs en maternelle : pourquoi et comment les mettre en place

Publié le

Stéphanie Burges

Stéphanie Burges

• Temps de lecture

placeholder

Les jeux coopératifs en maternelle favorisent l’entraide, l’empathie et des apprentissages apaisés dès le cycle 1. Avec des exemples simples et une posture adaptée, ils deviennent faciles à intégrer au quotidien…

Jeux coopératifs maternelle

En maternelle, apprendre à vivre ensemble ne va pas de soi. Les conflits, la frustration ou l’envie de « gagner » prennent vite le dessus, au détriment du plaisir d’apprendre. Pourtant, dès le cycle 1, les enfants ont une formidable capacité à coopérer… à condition qu’on leur en donne les clés.

Les jeux coopératifs en maternelle offrent un cadre sécurisant où l’on gagne ou perd ensemble, sans comparaison ni exclusion. Ils soutiennent la socialisation, l’empathie et l’engagement, tout en respectant le rythme de chacun, y compris des enfants DYS ou TDAH.

Bien choisis et bien accompagnés, ces jeux deviennent de véritables leviers pour apprendre ensemble, renforcer le climat de classe et transformer les temps de jeu en expériences éducatives riches et apaisées.

Qu’est-ce qu’un jeu coopératif en maternelle

Un jeu coopératif en maternelle repose sur une idée simple : les enfants jouent ensemble pour atteindre un objectif commun. Ici, personne ne gagne seul. Le succès — comme l’échec — appartient au groupe. Cette logique change profondément la dynamique de jeu, surtout au cycle 1, où l’on apprend d’abord à vivre avec les autres.

Contrairement aux jeux compétitifs, le jeu de coopération valorise l’entraide, la communication et la prise d’initiative collective. Les règles sont souvent courtes, visuelles, et adaptées aux capacités attentionnelles des 3–6 ans. L’OCCE rappelle d’ailleurs que coopérer s’apprend : cela se construit pas à pas, dans des situations concrètes et sécurisantes.

Le jeu coopératif ne cherche pas la performance. Il vise l’expérience. Toucher, essayer, ajuster, recommencer. Et surtout, ressentir le plaisir d’agir ensemble.

Jeu coopératif, jeu collectif et compétition

La confusion est fréquente. Un jeu collectif se joue à plusieurs, mais il peut rester compétitif. Deux équipes, un score, un vainqueur. À l’inverse, un jeu coopératif supprime la notion d’adversaire : le défi est partagé.

Un exemple parlant : faire passer une balle sans la faire tomber. S’il n’y a ni chronomètre ni équipe perdante, mais un objectif commun, on coopère. S’il faut aller plus vite que l’autre groupe, on bascule dans la compétition. Cette nuance est essentielle pour poser un cadre cohérent dès la maternelle.

Pourquoi proposer des jeux coopératifs dès le cycle 1

À cet âge, l’enfant construit ses premières compétences sociales. Les jeux coopératifs en maternelle deviennent alors de véritables laboratoires relationnels. Même sans chiffres récents consolidés, les apports décrits par les neurosciences affectives éclairent ces pratiques : émotions positives et sécurité relationnelle favorisent les apprentissages.

  • Socialisation : attendre son tour, écouter l’autre, ajuster son action au groupe.
  • Empathie : comprendre que l’on avance mieux ensemble que seul.
  • Motricité : coordonner ses gestes avec ceux des autres, sans pression de résultat.
  • Langage : nommer, expliquer, encourager.
A voir aussi :  Jeux sensoriels pour enfants en bas âge : activités et bienfaits

Ces jeux offrent un terrain d’expérimentation sans enjeu de comparaison. L’enfant ose. Il essaie. Il persévère. Pour approfondir cette approche, vous pouvez consulter cet article sur les jeux coopératifs et la solidarité chez l’enfant.

Des bénéfices pour tous les profils d’enfants

Timides, impulsifs, enfants DYS ou TDAH : chacun trouve sa place. La réussite n’est plus individuelle, elle est collective. Un enfant en difficulté n’est pas mis à l’écart ; il devient une pièce du puzzle.

Cette logique inclusive apaise les tensions. Elle permet aussi d’ajuster les rôles : porter, observer, encourager. Autant de manières de participer, sans hiérarchie implicite.

Exemples de jeux coopératifs adaptés à la maternelle

Bonne nouvelle : il n’est pas nécessaire d’investir dans du matériel sophistiqué. Beaucoup de jeux coopératifs sans matériel fonctionnent très bien, en classe comme à la maison.

  • La tour humaine : les enfants empilent des objets imaginaires en mimant les gestes, sans faire “tomber” la tour.
  • Le parachute invisible : chacun tient un bord imaginaire et coordonne ses mouvements.
  • Le parcours solidaire : traverser la salle en se tenant par la main, sans se séparer.

Ces propositions peuvent être enrichies par des supports ludiques existants, pensés pour la coopération dès le plus jeune âge.

A voir aussi :  L'utilisation pédagogique des jeux vidéo

Jeux coopératifs sans matériel

Dans un couloir, une cour ou un salon, ces jeux font merveille. L’absence de support matériel recentre l’attention sur l’interaction. Regarder l’autre, s’ajuster, attendre. Autant de micro-compétences sociales essentielles.

Jeux coopératifs pour la motricité et les émotions

En EPS, la coopération donne du sens au mouvement. Transporter un objet à deux, mimer une émotion collectivement, synchroniser des gestes simples… Le corps devient un outil d’expression émotionnelle, pas seulement de performance.

Pour compléter ces idées, cet article sur les activités calmes en maternelle propose des pistes intéressantes pour alterner temps dynamiques et retours au calme.

Voir des jeux coopératifs en action avec des enfants de maternelle

Rien ne vaut l’observation. Voir des enfants coopérer permet de mieux saisir la posture de l’adulte, le rythme, les ajustements nécessaires. La vidéo ci-dessous illustre concrètement des jeux de coopération en maternelle, sans mise en scène artificielle.

Comment mettre en place un jeu coopératif en maternelle

Tout commence par la posture de l’adulte. Inspirée des pédagogies Montessori et Freinet, elle privilégie l’observation, l’encouragement et la régulation douce. L’adulte n’arbitre pas, il accompagne.

  • Présenter l’objectif commun avec des mots simples.
  • Montrer une fois, puis laisser expérimenter.
  • Valoriser l’effort collectif plutôt que le résultat.
  • Adapter la durée au niveau d’attention du groupe.

La progression est clé. On commence par des défis très courts, puis on complexifie. Un paramètre à la fois.

Créer un cadre sécurisant et coopératif

Des règles claires, peu nombreuses, affichées ou mimées. Un climat où l’erreur est permise. Le cadre éducatif sécurise et libère à la fois. Quand l’enfant sait qu’il ne sera pas jugé, il ose coopérer.

Et si un conflit surgit ? On l’accueille. On verbalise. On ajuste. La coopération, elle aussi, s’apprend par essais successifs.

À partir de quel âge proposer des jeux coopératifs ?

Dès 3 ans, en petite section, les jeux coopératifs sont possibles, à condition d’adapter fortement les règles. Privilégiez des objectifs simples et visibles (réussir ensemble une action courte) et un accompagnement très présent de l’adulte. À cet âge, la coopération passe souvent par l’imitation et l’aide guidée. Évitez les consignes abstraites ou les attentes de partage spontané : montrez, verbalisez et valorisez chaque tentative. En moyenne section et grande section, vous pouvez introduire des rôles complémentaires et des temps de jeu un peu plus longs.
A voir aussi :  Les meilleurs jeux de logique pour enfants

Combien de temps dure un jeu coopératif en maternelle ?

Quelques minutes suffisent souvent, surtout avec les plus jeunes. En petite section, comptez 5 minutes efficaces, quitte à répéter le jeu plus tard dans la journée. En moyenne et grande section, la durée peut s’étendre à 10–15 minutes si l’engagement reste intact. Le bon repère : arrêter avant la fatigue ou les tensions. Mieux vaut un jeu court et réussi qu’une activité trop longue. N’hésitez pas à fractionner la séance en plusieurs manches pour maintenir l’attention et le plaisir de coopérer.

Les jeux coopératifs remplacent-ils les jeux compétitifs ?

Non, les jeux coopératifs ne remplacent pas les jeux compétitifs, ils les complètent. En maternelle, la coopération permet d’apprendre à agir ensemble sans pression de résultat individuel, ce qui est particulièrement sécurisant pour certains enfants. Les jeux compétitifs peuvent avoir leur place plus tard, avec un cadre clair et bienveillant. L’essentiel est l’équilibre : alterner les formats selon les objectifs (vivre-ensemble, motricité, gestion des émotions) et la maturité du groupe.

Installer la coopération comme une évidence au quotidien

Les jeux coopératifs en maternelle ne sont pas une activité « à part » : ils posent les bases du vivre-ensemble et nourrissent les apprentissages dès le plus jeune âge. En mettant l’accent sur l’entraide plutôt que sur la performance, vous offrez aux enfants un espace où chacun peut trouver sa place.

Ces jeux parlent à tous les profils, des enfants très à l’aise socialement à ceux qui ont besoin de plus de temps ou d’un cadre rassurant. La coopération se construit pas à pas, avec des règles simples, des objectifs communs et une posture adulte qui valorise l’effort collectif.

Introduits régulièrement, avec ou sans matériel, les jeux coopératifs deviennent des rituels attendus et structurants. Vous semez alors bien plus que des moments ludiques : vous aidez les enfants à développer des compétences sociales et émotionnelles qui les accompagneront longtemps.

Tags

À propos de l'auteur, Stéphanie Burges

4.1/5 (9 votes)

Le monde des jeux educatifs est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :